[Behemoth s'est formé au début des années 90 ; 1991 pour être exact. Petit à petit, le groupe enregistre des K7 démo qui le font connaître en dehors des frontières de son pays natal : la Pologne. Dans la lignée de groupe tels que Venom, Frost et de la vague Black Métal norvégienne le groupe sort son premier CD en 1994 : Sventevith (Storming Near The Baltic). Leur second disque Grom incorpore différents éléments comme une voix féminine, synthétiseur, guitare acoustique ce qui plait moyennement aux amateurs du genre. Le groupe tourne alors en Europe et se fait connaître petit à petit. Le groupe subit d'inévitable changement de line up, seul Nergal, chanteur, guitariste du groupe reste du line up originel. Le groupe enchaîne ensuite les sorties d'albums : Satanica, Thelema6, Zos Kia Cultus. Puis en 2005, Behemoth sort son nouvel album : Demigod.]
C'est sans doute attisés par les nombreuses et récentes tournées que les polonais de Behemoth ont férocement changé de cap, délaissant le black-death du splendide « Zos Kia Cultus » pour se recentrer sur un death metal très cru et ordinaire dans l'approche, loin des préoccupations expérimentales qui hantaient le groupe depuis « Thelema 6 ».
Las, Behemoth, plutôt que d'entériner sa vocation sombre, choisit la brutalité à tout crin entre les eaux de Morbid Angel ou Nile, blasts de batterie omniprésents et très gros riffs chirurgicaux, mélodies et solos forts bien exécutés, distillant par instant quelques bols d'air à coup de guitare acoustique.
Malheureusement, là où Behemoth savait créer des ambiances noires et prenantes, on se retrouve sur « DemiGod » à se faire savater les oreilles comme par n'importe quel autre groupe, grosse production en étendard et un Nergal qui fait le vilain avec une grosse voix trafiquée à l'extrême, voudrait-il se fondre dans les traces de Glen Benton (Deicide) ?
On ne pourra certes pas nier que des titres tels que «Before Aeons Came » ou « Conquer All » cartonnent mais il est étonnant de voir les polonais s'engouffrer dans un style qu'ils manient excellemment bien mais déjà tellement encombré de références incontournables qu'il sera dur de faire date avec cet album.
« DemiGod » marque le pas, présente un nouveau Behemoth sur-agressif et conquérant, peut être un peu trop sûr de lui, mais qui ne convaincra que les amateurs de brutalité sévère. Les autres seront dubitatifs, s'interrogeant sur la raison de ce changement, et surtout s'il est irrévocable...